Guyane 15707 km
-

 Depuis quelques semaines j’avais en ligne de mire la Guyane, un clap de fin dont j’ai plusieurs fois repoussé la date d’échéance mais la saison des pluies arrivant me poussa doucement vers la sortie. De l’autre côté du Maroni la dernière partie de ce troisième voyage autour du monde m’attend, alors, allons-y …  
Enfin un espace pour nous, il n’y a qu’une simple ligne blanche qui me sépare de la chaussée mais je me sens en sécurité en comparaison du Guyana où sur les pistes sablonneuses les camions me doublent à plus 80 kmh en passant à 50 centimètres de moi.

La solitude, je la côtoie quasiment tous les jours mais je ne me suis jamais senti seul puisqu’elle m’accompagne.
Oups!!! j’étais juste parti chercher un galon d’essence au village à côté!!!!
16h30!!! dans une heure la nuit sera là et le ciel sera bientôt chargé de diamants. Il me faut penser à trouver un espace pour camper et dans la jungle ce n’est pas toujours évident !!!!

Un dernier bivouac. Ce soir je campe sur les hauteurs du Maroni pour éviter les moustiques et réduire les risques d’une piqûre de dengue ou de chikungunya.

Au menu, une purée de pommes de terre et une ratatouille de légumes, le grand luxe !!!

La pîrogue me dépose sur la plage de Saint Laurent du Maroni. Même si la Guyane n’est qu’un confetti sur le continent américain qui est loin de la France; lorsque je pose mes roues sur cette plage j’ai l’impression d’être en France.

Le Maroni est comme une autoroute, on utilise ces longues pirogues pour remonter au fond de la Guyane et ravitailler les villages en amont.

Eh oui !!!! c’est étrange de palper des euro au bout du monde.

L’entrée du bagne de la transportation.
Le camp de Saint Laurent du Maroni fût la capitale du bagne en Guyane. C’est là où les détenus de France ou des colonies arrivèrent après la traversée de l’Atlantique dans les “cages des bateaux bagnes”. Une fois enregistrés les détenus étaient répartis dans les différents bagnes soit les îles ou la jungle.

L’une des cases du bagne.
Petite balade dans Saint Laurent du Maroni 

avant de prendre la route de Cayenne.

Avant de repartir, je prends mon premier repas en France: une baguette, du saucisson, du fromage et une pomme. Simple mais tellement bon. 
Le casse tête guyanais pour le facteur!!! 
Sensation étrange de pédaler sur les routes “de France”, d’y voir les voitures d’EDF ou de la Poste 
et les boites à images Made in France!!!! pas de doute, là je suis en France!!!.
Un carbet, lieu de rencontre de la communauté où l’on peut y accrocher son hamac pour y passer la nuit.

Une fresque écrite à Mana.

Je traverse Mana puis je longe la côte pour rejoindre la réserve d’Amana ….

où Lydie et Alex m’hébergeront. Une nouvelle occasion pour partager une autre expérience de vie.

Alex travaille dans la réserve d’Amana qui se trouve à l’embouchure du Maroni. Une réserve sous étroite surveillance car c’est l’un des lieux de ponte des tortues les plus importants de la côte Atlantique mais aussi une réserve importante de poissons. Malheureusement dans ce monde, dès qu’il y a abondance, l’homme prélève sans compter les ressources de l’océan. La lutte contre la pêche illégale est parfois inégale mais cette fois une coopération avec la gendarmerie maritime et la réserve auront permis de saisir 30 kilomètres de filets et de détruire un bâteau de pêche.

La saison des pluies est en avance, tous les jours j’essuie une violente averse tropicale. 

Prochaine destination Kourou où…

m’attendent Marco, Janestha et Ela

Les îles du Salut, c’est ma destination. Trois îles paradisiaques au large de Kourou mais jadis il fut le théatre d’une page sombre de l’histoire française puisqu’elles abritèrent l’un des bagnes de Guyane. 

Accès au bagne.
L’église de l’île Royale où Lagrange “célèbre faussaire” y exprima son talent.
Lagrange croit à l’innocence de Seznec c’est pour cela que Jésus et changé en Seznec!!! très fort, même l’évêque n’y verra que du feu!!!

Les dortoirs des bagnards. Ils sont 120 par bâtiment à y dormir sur des planches de bois les uns contre les autres. La nuit c’est l’enfer, la loi du plus fort ou du plus mâlin règne (meutres, viols, réglements de comptes etc)

Je ne sais pas si les conditions de survie sont meilleures dans une cellule individuelle où le détenu est privé de sortir ou de lumière.

La maison de Seznec à la fin de sa détention.
La jungle reprend ses droits et mange progressivement les bâtiments. Mais l’homme a le devoir de préserver ces bâtiments pour ne pas oublier ce qui s’est passé derrière ces murs.

Beaucoup de détenus auront tenté l’évasion, très peu y seront parvenus. A 16 kms de la côte il fallait être un excellent nageur pour lutter contre les forts courants de l’océan, échapper aux requins qui infestés les eaux. Une fois sur la terre ferme, il fallait se sortir de la mangrove, échapper aux chasseurs de têtes et aux indiens. Quelques uns comme Henri Charrière alias Papillon ou Charles di Rudio réussirent leur coup et devinrent célèbres.

L’île du Diable. 

La maison où fut détenu Dreyfus durant son incarcération au bagne.

Les nouveaux pensionnaires du bagne: l’agouti et le singe capucin.

Je ne pouvais pas passer à Kourou sans visiter le Centre Spatial, moi qui aime avoir la tête dans les étoiles!!!! Voici la fusée Ariane V à l’échelle ( si vous regardez bien le booster gauche il y a une figurine bleue)

Normalement, je devais assister au décollage d’une fusée Vega mais pour des raisons de sécurité il fut repoussé.

Pas de tir de la fusée Ariane V.

Sur la route qui relie Saint Laurent du Maroni à Cayenne, l’homme a repoussé assez loin les limites de la jungle ce qui rend pour moi la route assez monotone en comparaison de ce que j’aurais vu au Guyana ou au Brésil.
Il me reste encore une cinquantaine de kilomètres pour atteindre Cayenne.

Le regard dirigé vers cette ligne d’arrivée que j’ai hâte de franchir pour me reposer car l’organisme aura souffert beaucoup durant les deux mois et demi passés au coeur du climat amazonien.

Matoury, petit village à la périphérie de Cayenne où je boucle le troisième volet de mon tour du monde. Je passerai quelques jours chez Pierre et Val pour me reposer un peu.

Mais je ne pouvais pas quitter la Guyane sans avoir goûté …

à ses pistes au coeur de la jungle.

Même si cela peut paraître hostile, pour moi, c’est là où se trouve le coeur de la Guyane

C’était mon petit clin d’oeil guyanais!!!
Tout est dit, il suffit de rentrer dans une cellule ou plutôt une cage pour en ressentir l’horreur.

Le bagne des Annamites, le nom de ce bagne vient d’une ville d’Indochine, car la majorité des détenus viennent de cette région, suite à une révolte en 1930 contre le colon français pour accèder à l’indépendance on déporta les agitateurs dans cet enfer.
Des cages de 80 CM/2 M au milieu de la jungle chaude et humide où les moustiques viennent vous faire la peau.
16 000 kilomètres ça use les chaussures, voici l’une des utilisations de la chambre à air!!!

Me voila à l’aéroport de Cayenne, même s’il me reste encore quelques centaines de kilomètres à parcourir en France, c’est la fin de cette troisième aventure autour du monde.

Mais ce n’est qu’une simple pause dans cette aventure où il me reste encore tellement de chapître à écrire. Je vous donne rendez- vous sur le sol français pour achever totalement cette boucle. à suivre très prochainement

Comme chaque année je fais quelques calendriers au profit de PLAN pour récolter des fonds pour les futures donations de matériel scolaire pour des écoles au Pérou et en Bolivie.
Cette année j’ai deux types de calendriers.
– soit un calendrier mural avec les 12 mois de l’année et 12 photos de mon dernier voyage en Amérique Latine à  15.00 €
– soit un calendrier mural avec les 12 mois de l’année et une photo unique à 5 €
La quantité est limitée alors n’hésitez à me le réserver.
Merci 


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Événement à venir
Pas d'événements à venir
PLAN International
Facebook Google+ Google+ Google+