Zigzag entre déserts et montagnes.
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Après un peu de repos à la sortie du Plateau du Rekkam, les batteries rechargées, j’aborde la deuxième partie de mon aventure « nomadique  » au Maroc. Je poursuis ma route le plus à l’Est possible du pays  en alternant au maximum la grande diversité de paysages que m’offre le Maroc entre ses déserts et ses montagnes,  voilà mon carnet de bord pour les prochaines semaines à venir.

Je laisse Boudnib derrière le regard tourné vers le Sud et une piste caillouteuse menant vers Merzouga.

Une piste déserte, à l’ horizon à perte de vue….

…seuls quelques militaires qui stationnent le long de la frontière avec l’Algérie l’empruntent.

             Je fais une belle rencontre… Pierre, un motard français du Doubs,  qui vit son rêve de gosse : connaître les pistes du Dakar.
Tout de suite le contact s’établit et c’est un plaisir de partager son rêve ! Bonne route cher ami !

Repas de luxe ce midi, je me suis préparé un poulet au curry !!! J’aime cuisiner et j’aime me donner du plaisir à l’estomac !!! bien sûr lorsque cela est possible  car parfois,  durant plusieurs jours,   c’est sardines et pain ou pain et sardines !!!

  

Quelques parties de fech-fech, le sable devient comme de la poudre, je m’y enfonce, parfois je tombe !

je me relève et je pousse…  ça c’est dur ! parfois je dois m’arrêter pour laisser reposer les avants bras dont les muscles et tendons sont tendus à l’ extrême, la douleur  devient insupportable.

Le bivouac parfait, panorama ouvert à 360°, et la nuit,  le ciel qui explose d’étoiles !

Je croise quelques populations de nomades ;  un mode de vie qui se perd de plus en plus.

Ils vivent de l’élevage des chameaux et chèvres mais leurs conditions de vie restent précaire…

…car la vie au coeur du désert est rude. Grande amplitude thermique, peu de ressource, la solitude,  etc.

…mais qu’est ce que j’aime cet espace !

Erfoud  » la Porte d’entrée  » vers Merzouga.

Petite pause à l’ombre ;  malgré que nous soyons en hiver, le soleil prend chaque jour un peu plus de force. L’été,  la température atteindra les 50° et chauffera le sable ;   c’ est le moment idéal pour les bains de sables. On s’enterre dans le sable brûlant et cela à des bénéfices inestimables pour la santé.

 

Merzouga, une oasis au coeur du désert.

Un cordon dunaire s’étend à perte de vue… 22 kms de long sur  5 kms de large.

Voici l’Erg Chebbi

La plus grande dune culmine à plus de 160 mètres.

Il aura fallu 6000 ans d’accumulation de sable pour former ce cordon dunaire. Il faut que le sable s’accumule toujours à proximité d’une présence d’eau. D’ailleurs on m’a raconté qu’il y a quelques années il suffisait de creuser à 30 cm pour trouver de l’eau.

De là haut une vue imprenable, au loin l’Algérie dont l’accès reste fermer depuis le Maroc.

Françoise m’a logé au sein de son Ksar Sania,… un vrai paradis ce petit camping au pied des dunes !!

Je laisse le désert et remonte vers Tinghir la porte d’entrée du Haut Atlas…

…via les Gorges du Todra.

La température est divisée par 2 et les ruisseaux se figent sur l’asphalte. Une vraie patinoire !!!  » HOLLIDAY ON ICE IN MOROCCO »

Toujours sur surveillance !! c’est pénible de toujours être épié, fliqué… mais je repère très vite leur manège, alors je vais directement au contact et je cadre tout de suite en leur disant je n’ai pas besoin de leur  » surveillance et protection  » car ils ne savent pas la faire.

Au fur et à mesure que j’avance au coeur du Haut Atlas, la vitesse se réduit et pour cause ….

…les pourcentages oscillent entre 10 et 13 % sur plusieurs kilomètres.  Je suis heureux d’avoir mon Rohloff et un développement de 36/17 ( pour les connaisseurs). A cette vitesse je compte les rayons.

Le sommet est en vue mais je ne peux pas me permettre d’y rester trop longtemps car à 2700 mètres les températures y sont glaciales.

– 10 °c sous abri !!! avec le vent c’est peut être – 15°C !!!

Sous équipé en duvet et vêtements, je souffre horriblement toutes les nuits car le froid me dévore. L’eau gèle dans la tente et les batteries se déchargent alors je glisse tout dans le duvet.

Prudence dans la descente, les pièges sont partout.

Direction ….vers Agoudal

….un petit village de terre…

dont les maisons ressemblent parfois à des forteresses.

J’aime les portes de ces maisons toujours très colorées.

Le recyclage marche à plein ici !!!

Je traverse les petits villages de l’Atlas sous le regard des enfants…

…qui parfois me demandent Dirham, bonbons, ou stylos !!! Une règle que je n’enfreins jamais … ne jamais donner aux enfants dans la rue car
le problème est que les touristes les habituent trop à demander,  à mendier et de ce fait,  les parents insistent à ce qu’ils aillent demander lors du passage d’un étranger.
Comment vous faites lorsqu’il y a 10 gamins et que vous avez 5 stylos ? ,  cela procure de la jalousie, des disputes etc… Si vous, vous souhaitez donner,  faites le auprès d’une association locale.

NE LES HABITUEZ PAS A MENDIER S’IL VOUS PLAIT.

Durant ma traversée du Haut Atlas,  j’ai longé différentes chaines montagneuses et…

Dépaysement assuré !!!

Au Maroc,  il y a une grande politique pour asphalter les routes, mais la qualité de leurs réalisations est médiocre et  à la moindre crue de l’oued l’eau l’emporte.

Un pont rudimentaire, oui !  mais ça m’évite de me tremper dans l’eau glaciale. Je crois que j’ai passé trop de temps en Amérique du Sud et à présent j’ai du mal à supporter le froid.

Mon passage dans les villages suscitent la curiosité de « tous « 

Comme toujours,  je suis invité à prendre le thé. C’est toujours l’occasion de partager des pans de vie des marocains comme ici avec Asou et Youssef. L’accueil des populations est super chaleureux.

 

Le plus gros danger dans l’Atlas, en cette période, ce sont les chutes de neige qui peuvent être très conséquentes. En une nuit,  il peut tomber un mètre de neige et la route se retrouve fermée pour plusieurs jours., L’année dernière,  l’armée a dû alimenter les bergers en nourriture par hélicoptère.

J’arrive à Midelt avec un problème à ma monture… ma selle, au moindre choc, tourne.

Ali m’a prêté  une perceuse pour forer le tube et tout serrer avec un boulon.

Après les efforts… un peu de réconfort  avec un bon tajine de légumes.

Lorsque le soleil se couche,  le froid tombe et je dois mettre des gants pour lire !!! – 6° pour dormir, j’enfile tout ce que j’ai comme vêtements

Ascension vers le magnifique « Cirque de Jaffar « 

Sur les sommets,  beaucoup moins de neige que l’année passée ;  c’est un peu moins beau mais au moins je ne rencontre aucune difficulté pour gravir les cols.

Je profite des sources afin de faire le plein d’eau. 

Je prends une piste qui domine l’oued qui est difficilement praticable à vélo et…

…de là haut,  mais les vues sont incroyables !!! UN REGAL.

Le froid vient de bloquer mes pédales, je suis déséquilibré et tombe très lourdement sur le poignet et le fémur. Je me relève dans la douleur mais il faut continuer !

La tête des très mauvais jours !  Après la grosse chute de la veille et une vilaine bactérie à l’estomac qui se chargera de me nettoyer l’intestin ! je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit. Rien dans le ventre,  j’entame une journée avec trois cols à gravir. Me reposer serait une excellente idée mais la neige est annoncée alors je puise toute l’énergie que j ai encore en moi et pense à mon copain Tom qui  lui  lutte courageusement  à l’hôpital.

Il va falloir traverser la rivière avec les pieds dans une eau qui doit être à 2° ou 3 ° !

Heureusement,  je vais vers le petit village d’ Agoudim…

où je vais me reposer une journée dans la famille de Driss et d’Asisa qui ont quatre filles. C’est une belle occasion de m’imprégner un peu plus de la culture berbère.

Les cascades qui gèlent !!! pas besoin d’en dire plus pour décrire la rudesse de l’hiver marocain dont j’ai sous estimé la force !!!

…mais la récompense de la nature est là hauteur de mes espérances !!!

Ma traversée dans les villages de montagnes suscitent toujours la joie et les sourires des enfants.

Ca ne s’invente pas !!! Tamalout ??? je réponds :  partout,  au poignet, au fémur et au ventre . C’est la grande forme docteur !!!

Le féminin ici… on ne connait pas trop !!!

Sur la même journée,  malgré que je sois diminué physiquement,  je vais enchaîner les cols.

La neige tombée au mois de décembre n’est pas totalement fondue les prévisions météo en prévoient pour les jours à venir alors je ne tiens pas être piégé et j’allonge les kilomètres malgré le manque d’énergie.

Premier col de la journée à 2400 m puis j’enchaîne directement avec le deuxième à 2400 m lui aussi….

…le plus dur reste à venir. Je me bats avec les pourcentages, le vent et le froid mais je ne peux pas m’arrêter et dormir à 2600 m alors pour me motiver et me surpasser dans l’effort, je pense à mon Ami Tom qui souffre à l’hôpital en se battant contre sa mucoviscidose ;  je peux vous garantir que cela décuple mes forces.

Le lendemain,  je poursuis ma route vers le col d’Ouano  le plus haut de L’Atlas avec un passage à plus de 2950 mètres.

La difficulté ne vient de l’état de la piste ni de l’altitude mais d’un vent terrible de face et à la température sibérienne.

 

Le sommet est en vue mais attention à l’état de la piste ultra glissante !

Il me faudra presque 4 h pour venir à bout de ce difficile col de Ouano qui culmine à plus de 2900 mètres. Je suis à bout de force, pourtant je vais devoir continuer car le froid s’amplifie avec la fin de la journée et le vent glacial qui commence à souffler.

Descente en mode berbère !

…au coeur des Gorges du Dadés

Fin de journée avec de belles nuances de couleurs quand le soleil tire sa révérence…

 

 

Petite surprise au moment de cuisiner… l’huile s’est figée durant la journée. Pas besoin de thermomètre pour m’indiquer la rudesse du climat marocain !

Les journées sont dures mais les nuits parfois le sont encore plus lorsque le vent souffle en tempête et vient plier les arceaux m’obligeant plusieurs fois à sortir et arrimer les cordes de la tente !

Il me faudra plus de 2 heures pour plier la tente avec ce vent.

 

Lors de la descente,  le vent me désarçonne du vélo et… encore une lourde chute sur mon fémur !!! Aie aie !!

Je suis content de retrouver la plaine et le village de Tilmi.

                                                               Je ne sortirai pas indemne de cette région. J’ai le corps meurtri mais que de beaux et bons souvenirs j’emmène avec moi vers d’autres régions qui,  je l’espère,  seront plus chaudes !
A suivre …



Un commentaire

  • jean louis says:

    Oui effectivement, tu mets ton corps a rude épreuve.
    Tu as un moral d´acier.. Courage á toi et merci pour ton reportage photo. Amitié

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