Sur la route des forteresses espagnoles et portugaises.
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Après une longue pause dans ma famille madrilène, je reprends ma route. Cela commençait à me démanger, une envie d’aller découvrir toujours ce qu’il y a plus loin, une envie d’aller à la rencontre des autres, une envie de curiosité toujours aussi forte de partir vers l’inconnu. Voilà ce qu’il me manque quand je me pose un peu trop longtemps au même endroit.
Ma boussole m’indique cap à l’Ouest, vers le Portugal,  alors en route ! mais quelque chose me dit que voyager en hiver en Europe ça ne doit pas être une chose si facile.

Lors de mon passage à Madrid, j’ai eu l’opportunité de donner 3 conférences dans des collèges auprès de 490 enfants.
Une belle opportunité de partager mon rêve avec eux.
Un succès total !!!
A la fin de la conférence quelques enfants viennent pour me remercier.
Je pose la question suivante :
Qu’est ce qui t’a plu le plus ?  leurs réponses…
– Ta rencontre et ton combat contre l’ours !!!
– Moi, quand tu nages avec le requin baleine.
– Moi, quand tu pédales en Bolivie parce que ma Maman est de là bas.
Mais la plus belle réponse
– Moi, quand tu aides les enfants et que tu leurs donnes des cahiers !!!
Ca, c’est grand lorsque cela sort de la bouche d’une petite fille de 10 ans !!!

   

Pour voyager l’esprit plus serein et  palier à tout problème de casse sur le vélo, j’ai un kit de réparations assez conséquent et à cela il faut  ajouter deux pneus de secours pour les pistes africaines.

Le premier jour, la remise en route se fait en douceur. Un mois sans pédaler,  je ne sais pas comment est la condition physique.

Je quitte tout doucement la banlieue de Madrid via des chemins de campagne ….

avec quelques surprises !!!

Mais,  dès le lendemain,  finie la douceur de la reprise et fini le soleil,  c’est sous la pluie et le froid que je me dirige vers la Sierra de Guadarrama.

Les couleurs automnales s’estompent sous la grisaille de l’hiver.

 

Avec des rampes qui avoisinent les 10 %, sans entrainement et plus de 75 kgs,  l’ascension va être dure…

…et pénible avec cette pluie froide et pas plus de 5° !!! je souffre.

Au sommet du col de Navafria,  pas le temps de m’attarder,  le vent amplifie le froid, je suis glacé !!!!

Je plonge dans la vallée …

…vers la cité fortifiée de Pedraza.

…son château date du XVI éme siècle.

…la porte d’entrée est vraiment imposante !

Il vaut mieux avoir des grandes poches, pas vrai  Passe-Partout !!!

Un village authentique avec ses vieilles bâtisses de pierres

La grisaille donne un ton un peu austère mais je trouve que cela à son charme.

En cours de route vers le Portugal, je découvre une quantité importante de châteaux.

…dont certains sont un peu étranges !!! Elles sont ingénieuses ces fourmis !!!

Pour ma part mon château le voici !  et je suis content en fin de journée de le monter sans pluie et d’y entrer pour me réchauffer. Du matin au soir je suis gelé alors,  lorsque je retrouve un peu de chaleur c’est le bonheur ; Bon ce ne sont que 10°C !!!

Le temps d’une éclaircie et me voilà à Coca et sa forteresse restaurée

Des briques et des pierres

La région de Léon et ses étendues à perte de vue, les villages s’espacent tous les 15 kms, mieux vaut ne rien oublier lorsque l’on fait ses achats.

L’Espagne, un pays où s’alimenter est très bon marché; au sol voilà ce que je peux acheter avec 8 euro !!!

J’adore ces citations peintes sur les façades des maisons. Elles donnent matière à réflexion
 » Apprends à apprécier ce que tu as avant que le temps ne t’enseigne à apprécier qui tu étais. »

« Faire ce qu’il te plait,  c’est la liberté.  Aimer ce que tu fais,  c’est le bonheur. »

Je parcours les plaines mises à nues par l’hiver…

…en mode protection contre le froid.

Même les cigognes ont déserté leur nid  pour aller chercher la chaleur au Sud

On ne peut pas dire qu’elle rit celle là !!

                                                             Mon regret,  c’est qu’il manque un peu de soleil pour embellir les tons d’Automne .

Il sera parfois compliqué de trouver un endroit où camper car entre les plantations des oliviers, les sols détrempés, les terrains rocailleux… je galère toute la journée sur le vélo et le soir aussi, mais après un bon repas,  j’oublie la souffrance de la journée.

 

Même le midi,  avoir un toit pour le pique nique, c’ est un luxe.

Peu à peu,  je m’approche du Portugal  dont je ne connais que l’aéroport de Lisbonne.

Je passe la frontière portugaise à Monfortinho. Le Portugal est le 30ème pays différent que j’aborde depuis le début de mon Tour et la 49ème frontière que je passe !!

Le bonheur est simple parfois… enfin du bon pain !!! le moins que je puisse dire c’est que les espagnols ne connaissent rien à son élaboration, c’est pire que du pain industriel  français !!!

La pluie et les quelques éclaircies rythment mon voyage. Avec ou sans imperméable,  je passe mon temps à me changer et essayer de sécher mes vêtements.

Le maillot de bain restera au fond des sacoches et pour être sincère,  j’avais espoir de me baigner !!!

C’est la saison des oranges ;  la rue est mon domaine et ce qui y dépasse est à la portée d’une main gourmande !!!

 Les oranges et les kakis ; ces fruits frais… un véritable régal !!! et le reste finira en confiture pour le p’tit déj.

J’arrive à Sarnadas et ce soir,  après avoir dormi tous les soirs dans le froid et sous la pluie,  j’ai enfin un toit, via le « réseau warmshower  » j’ai connu João un cyclo-voyageur qui va me prêter sa maison.

Ah ! ,  rien que de regarder les flammes de ce feu de bois cela me réchauffe le corps !!!

Ce que je remarque au Portugal c’est que l’exode rural a été fort et que beaucoup de villages se meurent.

Ma route vers Ponte de Sor passe par le village coloré de Niza.

Excellent!  j’ai besoin d’un parapluie pour me protéger du soleil qui est enfin revenu.

Belle mise en lumière de cette cité d’Alentejo….

…avec ses couleurs typiques.

La démographie du Portugal est vieillissante !!! je le constate surtout dans les  villages.
En France on aurait trouvé un panneau « Attention aux Enfants sur la route  » ici, au Portugal  » Attention aux personnes âgées sur la route « .

Sume, je franchis le pont qui enjambe la rivière Sor.  Sumir, en portugais,  signifie disparaître et pour cause car cette rivière est avalée par les entrailles de la terre pour ressortir un peu plus loin…

…sous un dédale de rochers volumineux.

Dans la région d’Alentejo, le chêne liège pousse partout. Tous les neuf ans on lui retire son écorce. Le principal dérivé est le bouchon pour les bouteilles de vin.

Après avoir retiré l’écorce,  l’arbre est marqué d’un numéro de 1 à 8,  comme cela on sait la date à laquelle lui fût ôter son écorce.
Par exemple,  le numéro 8 signifie que l’écorce a été prélevée cette année et que  la prochaine fois ça sera en 2027. Cela est strictement encadré par l’office des forêts afin de préserver ces arbres.

Pendant que de bonnes entrecôtes cuisent sur la braise d’un excellent feu de cheminée ….

…je discute et regarde avec mon ami João  les pistes marocaines qu’il connait pour y être passé en moto et en vélo.

C’est toujours un immense plaisir de partager ma vie de nomade, qui plus est avec un nomade du monde lui aussi. Nous passerons de longues soirées au coin d’un feu à discuter sur notre passion commune… celle de découvrir le monde.

Tout à une fin et je dois reprendre ma route mais avec João,  c’est une fin en pointillés car un jour nos chemins se croiseront de nouveau.

Parfois il faut quelques astuces pour avoir de l’eau !

De l’eau, il en coule à flot sur ce pont métallique qui surplombe le Tage, ce fleuve dont l’embouchure se trouve à Lisbonne.

 » Hôtel à Cigognes « 

Voici un ancêtre des panneaux publicitaires papiers, il est fait en faïence !

Je me rapproche de la côte atlantique mais une petite barrière montagneuse se dresse face à moi…

Petite montagne mais pas si facile que cela ! je m’attaque aux pentes abruptes du Montjunto; les bras, les cuisses, les mollets, les muscles s’étirent à la douleur.

Dans les villages portugais, il y a toujours une fontaine pour un assoiffé.

Finalement,  après quelques 2000 bornes,  je retrouve l’océan Atlantique; il fallait vouloir le voir pour faire ce détour !!!

 

Oups!  quand il pleut beaucoup et que la marée est haute,  il est dur de voir la piste !!!

Mettre les pieds dans 40 cm d’eau quand il fait 5°C et que je sais que je vais les avoir mouillés toute la journée,  c’est une punition !!!

Je préfère la voir de là haut et du belvédère …

…du village coloré d’Ericeira.

A défaut d’avoir du bleu dans le ciel il y en a sur les murs.

 

 

Les portugais ont inventé la voiture écologique, ah ! des vrais génies en herbe !

  

Je passe la ville de Sintra qui même  en période de hors saison  a  toujours beaucoup de touristes.  Les vieux bâtiments sont un peu dénaturés par les enseignes des restaurants tous les 10 mètres. Dommage !!!

Pendant qu’en France on manifeste en jetant des pavés moi je les enfonce en grimpant les pentes abruptes du Castelo dos Mouros (le château des Maures )

Bon !  à 14 euro l’entrée,  je fais l’impasse !!!

Idem pour le Palacio de Pena.

Quand je vous disais que je mettais le cap à l’Ouest ! je suis à la pointe extrême du continent européen à Cabo Roca soit environ 250 kms plus à l’Ouest que la Bretagne !!!

Un air de bout du monde flotte sur cet endroit.

Où les tempêtes hivernales se déchaînent.

 

Le moins que je puisse dire  c’est que ma reprise fut quelque peu difficile due notamment aux conditions climatiques exécrables… du froid, du vent de la pluie, eh oui !  l’Europe en hiver ce n’est pas l’idéal surtout lorsque l’on passe tous les jours plus de 6 heures sur sa selle, heureusement il y a des belles rencontres comme celle de João qui vous apporte beaucoup de confort.
En traversant les régions de Léon, Beira et Alentejo j’ai découvert la richesse du patrimoine espagnol et portugais et je suis persuader que cela va continuer.
Prochaine destination… LISBONNE



2 commentaires

  • Droulez says:

    Bonjour Laurent .
    Sa doit être une sacré aventure. Félicitation Laurent
    Magnifique photos. A bientôt sur les routes du Pévèle.
    Philippe

  • Helena Oliveira says:

    Bon courage, Laurent!
    J´ai bien aimé lire tes observations en parcourant ce territoire espagnol et portugais… Un itinéraire à la fois charmant et douloureux !
    Je crois que la mer t´a touché.
    Bonne route! Bon voyage!

    Helena ( la tante de João )

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