Slalom patagonien ( 72 876 kms )
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Après la traversée du Lago General Carrera, je débarque à Chile Chito en compagnie de Pablo; cette petite ville est le point de départ d’un long slalom au coeur de la Patagonie. Maintes fois je vais passer entre l’Argentine et le Chili durant ce tronçon car je souhaite découvrir ou redécouvrir les endroits les plus sauvages de la Patagonie.

Nous sommes le 5 février et quoi de plus beau que de fêter mon anniversaire avec mon ami Pablo. (www.http://pedaleandoelglobo.com)Nous sommes rentrés en même temps sur le continent américain il y a presque 5 ans !!! Se retrouver ici, plusieurs années plus tard, avec le même objectif celui d’atteindre Ushuaia, c’est génial!!!!

 

Après un court intermède sur l’asphalte, je trouve ce que j’aime et ce que je suis venu chercher en Patagonie : des paysages grandeur nature.

 

La Ruta 41 est une piste très peu empruntée; lorsque je vois ce panneau  » route fermée pour la neige « ,je fronce les sourcils car je ne peux pas vérifier l’information pour savoir si je peux aller de l’autre côté du col. Je tente ma chance, au pire je devrai faire un détour de 350 kilomètres !!!

 

Sur la journée je ne croiserai qu’une voiture par jour !!! parfois je serai 24 h sans parler à personne.

 

Ce n’est que du bonheur que de profiter de paysages aussi vastes ….

 

et vident de présence humaine. Je franchis un dernier col à 1500 mètres.

 

Y camper c’est paradisiaque !!! Installer mon hôtel « Robens  » au milieu des montagnes et avoir une vue panoramique comme celle là, que puis je avoir de mieux ????
Seul bémol durant cette belle traversée : je suis malade et j’ai très peu de force dans les jambes; lorsque la pente, est trop forte les jambes ne tournent plus et c’est la chute. AIE AIE !!!!

 

Nouveau passage de frontière, les places vierges sur mon passeport commencent à se faire rare.

 

Je longe le Cordon Chacabuco au coeur du futur Parc Patagonia.

 

C’est beau mais la piste me consume à petit feu car ce sont des dizaines et des dizaines de kilomètres….

 

de tôles ondulées !!!! Les pavés de Paris Roubaix ne sont que de la rigolade !!!

 

Au coeur du parc, Le domaine de Douglas Tomkins (ex-directeur de Northface ) qui créa cette réserve pour protéger la nature patagonienne.
L’ensemble des matériaux nécessaires à la construction des bâtiments furent extraits de la région ( pierres, bois, zinc, cuivre etc) pour un impact zéro sur la nature.

 

 

Cuisine sur la Carretera Austral.

 

Avant de bifurquer pour Villa O’Higgins je fais un petit crochet vers Tortel.

 

Beaucoup se plaignent de la difficulté de la Carretera Austral mais pour moi onze ans après sa découverte, la piste est bien meilleure; le seul souci c’est la poussière….

 

c’est pour cela que je dois rouler voilé !!!!

 

Plus je glisse vers le Sud …

 

plus les signes de présence humaine diminuent.

 

100 % PUR

 

Eh oui parfois ça arrive !!! Bravo champion !!!! A force de se prendre pour un pilote du Dakar, on finit par se planter !!! les voitures sont un risque permanent pour nous cyclos-voyageurs; elles vous frôlent à des vitesses parfois de 80 kms/h en propulsant des pierres. Ils sont vraiment inconscients  du danger pour nous !!!

 

Caleta Tortel, un village atypique au Chili et même sur le continent américain ici il n’y a pas de voiture dans le village tout simplement parce qu’il n’y a pas de route ….
mais uniquement des passerelles de bois pour desservir les maisons.

 

Ce sont donc des bateaux qui alimentent le village, en nourriture, en matériaux etc …
Bon, il faut faire attention de ne pas trop le charger tout de même !!!!

 

 

La Carretera Austral s’interrompt momentanément à Puerto  Yungay où il faut prendre un bac pour traverser le fjord.

 

A présent la pluie fait partie de mon quotidien, le midi il faut se mettre en quête d’un toit pour manger au «  » sec «  ».

 

Mes amis irlandais Vicky et Sean sont logés à la même enseigne.
« Mirador Entre Rios  » euh oui mais il est où le panorama????

 

Il faut être motivé pour braver les rudesses du climat patagonien où le soleil se fait rare. Pas étonnant que ce soit l’une des régions les plus pluvieuses au monde.
Cependant il y a quelques petites estancias ici où là.

 

Embouteillage sur la Carretera Austral !!!

 

L’eau vient de partout ici, du ciel, du sol, des montagnes.

 

 

Je franchis rapidement Villa O Higgins…

 

pour camper près de l’embarcadère….
 Lorenzo Alberto, aujourd’hui c’est moi le capitaine !!!! ( pour info cette compagnie vous fait économiser 20 €)
Eh oui  !!! mais ce n’est pas certain que l’on arrive à bon port !!!!

 

3H30 de traversée : destination Mancillo Candelaria.

 

Aujourd’hui le lac est calme parfois il peut avoir des vagues de plus de 1M50 !!!!
Une fois débarqué de l’autre côté du lac c’est un triathlon qui débute !!!

 

6 kms de montée où il faudra pousser le vélo, c’est dur lorsque l’on est chargé comme des mules !!!
Puis il y aura 10 kilomètres où l’on pédalera avec le bonheur de traverser des ponts car la première fois que j’avais réalisé ce trekking il fallait franchir l’eau glacée des rivières à pied.
Puis la troisième et dernière partie : le trekking 100 % portage de 6kms. Pour un voyageur à pied c’est facile mais pour un cycliste avec son vélo c’est ….

 

une galère !!!!

 

mais il n’y a pas d’autre choix.
Il faut pousser, tirer, soulever; chaque mètre est un effort,chaque mètre est un combat….

 

mais la récompense est au bout du chemin avec le majestueux Fitz Roy !!!

 

Par traverser le Lago Desierto il y a deux moyens : le bateau qui vous coûte 40 €, où le trekking. Le bateau, je connais, le trekking non. Quasiment tous les cyclistes optent pour le bateau car la difficulté du trekking est extrême. Ce n’est pas un défi que je me lance, ce n’est pas par orgueil de pouvoir dire «  »je l’ai fait «  » mais tout simplement par besoin de pimenter mon voyage et découvrir une autre facette du lac.

 

Il faut viser juste !!!!

 

C’est le meilleur passage !!! le reste ça ne sera que des arbustes qui me griffent les jambes, des pierres sur lesquelles je butte à chaque mètre, de la boue où je glisse, des troncs où il faut soulever mes 65 kgs !!!
L’effort est intense mais quel régal !!!
Toute la journée je vais profiter des magnifiques vues du lac.

 

La pente est tellement raide par endroit qu’avec mes 65 Kgs de charge je mettrai 1H30 pour parcourir 1 kilomètre !!!!

 

Il est temps de recharger mes batteries

 

Après 10 heures de marche, ça me suffit pour aujourd’hui et je me pose ici pour la nuit.
Ma vue au réveil !!!
Le regard tourné vers la rive Sud, allez encore un petit effort, il me reste deux kilomètres.

 

Finalement après une douzaine d’heures de marche pour les 14 kilomètres je parviens de l’autre côté du lac.

 

L’avantage du moyeu Rohloff est de ne pas avoir de dérailleur qui avec ce genre de parcours extrême risquerait d’être plié.

 

Je remonte mon vélo et réadapte mes sacoches pour les 37 kms qui me séparent d’El Chalten.

 

A l’occasion des nouvelles retrouvailles avec Pablo on se prépare un bon poulet au four !!! Bien cuisiner et bien manger; c’est un excellent point en commun.

 

«  »Une équipe de Légende. » »

 

Peu importe l’endroit le drapeau de PLAN INTERNATIONAL flotte toujours au vent.

 

 Avec un vent de dos (33 kmh) ça aide et j’ai même pas mal aux jambes !!!

 

pour parcourir la Pampa argentine aux horizons lointains.
Aujourd’hui, j’ai un voisin pour la nuit.

 

Cap au Sud …

 

à travers des zones désertiques …

 

de temps en temps je rentre dans une estancia ….
pour m’acheter une belle pièce de mouton !!!

 

J’arrive à la douane chilienne où ils vont me scanner tous mes bagages !!!!

 

Tout se voit!!!! j’y laisse quelques légumes mais je garderai mon canif de survie ( ma machette )

 

En route vers Puerto Natales
je zappe le magnifique Parc du Torres del Paine car l’entrée est beaucoup trop chère. Le système de réservation ne fonctionne pas et le parc ressemble à un World Disney de la Patagonie. Je préfère garder mes bons souvenirs d’il y a onze ans.

 

Le Bonheur est dans le pré et tout prêt.

 

La couleur des arbres de Puerto Natales me rappelle que l’automne est là et qu’il ne faut plus trop m’attarder en cours de route vers Ushuaia. Dans quelques jours je serai à Punta Arenas de nouveau face au détroit de Magellan mais cette fois-ci pour le traverser et me rendre en Terre de Feu.

A suivre …..



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11.11.2018
Route vers le Portugal
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