Frontière bolivienne / Cochabamba (50 236 km)
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Voilà plus deux mois que je pédale sur les routes péruviennes lorsque j’arrive au poste frontière bolivien. Un pays qui m’est inconnu et que je suis impatient de découvrir.

Je traverse la frontière à Yunguyo; les formalités sont simples et rapides puis…

je me dirige vers Copacabana, la ville touristique au Sud du lac Titicaca.

Copacabana c’est surtout le point de retrouvailles avec Félipe après notre séjour à Cusco. Dès le lendemain, nous embarquons sur un bateau pour une traversée de 2h pour nous rendre sur la Isla del Sol.

Une longue traversée, Félipe aura le loisir d’exercer ses talents.

Ah ce fameux Titicaca!!! ce lac qui a fait rire beaucoup d’écoliers, m’y voilà enfin. C’est le plus haut lac d’eau douce au monde à plus de 3600 m sur l’Altiplano. Un lac qui me semble être une mer intérieure.

Nous arrivons à Challapampa, le petit village au Nord de l’île, un village super tranquille à l’opposé de Yumani le village très touristiques du Sud.

Vue de la pointe Nord de l’île.
L’île est le berceau de la création de la civilisation Inca; elle en a gardé quelques vestiges notamment le chemin qui la parcourt du Nord au Sud.
De la crête, nous avons de magnifiques vues sur les côtes.

Yumani, la fin de notre rando, un petit pique-nique en attendant le bateau.

Bateau typique du lac.Embarcation pour touristes.

Suite à notre escapade sur le lac, il nous reste un petit bout de route pour atteindre La Paz.

Tiquina, un détroit coupe le lac en deux

et c’est sur une barge que nous allons traverser le lac.

Notre dernier campement sur l’Altiplano.
Demain nous ferons notre entrée dans la capitale bolivienne : LA PAZ la plus haute capitale au monde à plus de          3600 mètres !!!

A La Paz, nous passerons par la CASA DE CICLISTA, un passage casi obligatoire pour tous les cyclos se dirigeant vers le Sud. C’est l’occasion de rencontrer d’autres cyclos comme notre ami japonnais et prendre des infos postées sur le mur. L’ancêtre du Facebook!!!!

Petit clin d’oeil à Jerôme et Stéphane. Finalement le monde est petit sur deux roues libres.!!!!

Bon courage à l’électricien pour solutionner une panne électrique.
En Bolivie les installations électriques sont plus que douteuses; pas étonnant que lorsqu’il pleut un peu trop çà disjoncte !!!
La ville de La Paz a été bâtie dans une cuvette et son expansion a lieu sur les pans des falaises .Aujourd’hui elle déborde sur l’Altiplano et forme ce que l’on appelle l’Alto La Paz. On peut y accéder via l’un des trois téléphériques qui traversent la ville.
Cela donne une vue  « du ciel » de la capitale avec ses quartiers résidentiels,

ses centres d’affaires et les quartiers populaires.
Après une semaine passée à La Paz, je reprends ma route vers Santa Cruz et l’Amazonie mais avant la jungle il me reste à franchir un ultime col que l’on nomme la Cumbre à 4600 mètres. Bien entendu, il est hors de questions d’utiliser la voiture pour le gravir comme beaucoup de touristes qui se rendent au sommet pour effectuer la descente  « El Camino de la Muerte ».

La neige fraîchement tombée cette nuit transforme le paysage .
Une fois au sommet, j’enfile des vêtements chauds pour descendre.

La première partie est asphaltée,
puis à Coropata, l’ancienne route menant à Coroico commence. On la nomme « El Camino de la Muerte » traduction littérale de la Route de la Mort. Elle fut classée la route la plus dangereuse au monde pour son nombre d’accidents mortels. Plus de 200 personnes ont perdu la vie chaque année sur cette route.

Une piste très étroite et sinueuse, avec des à pics de plus de 600 mètres!!! ceci explique les accidents. Mais il faut savoir que durant la révolution, les rebelles arrêtés étaient chargés dans des camions et ils étaient précipités vivants dans le ravin!!!! triste page de l’histoire bolivienne.

Si vous regardez bien sur la piste vous allez voir une voiture, cela vous donne vraiment la dimension des falaises.

Triste souvenir d’un camion qui avec des voyageurs tomba au fond du ravin.

Des falaises immenses d’où tombent quelques cascades.

Yolosa petit village au fond de la vallée à 1100 mètres!!! je viens de descendre plus de 3500 mètres de dénivelés. Une différence de 40°!!! Je débute l’ascension vers Coroico par une  » route  » de pierres qui ressemble aux routes que l’on peut rencontrer dans le Nord de la France!!! mais 7 kilomètres sous 37° c’est dur !!!!

Coroico la porte d’entrée de la Cordillere de Las Yungas.

Les espaces cultivables du Yungas ne sont pas utilisés pour les fruits et les légumes alors que le climat le permettrait; ils le sont pour produire la coca car les sols sont extrêmement pauvres.
J’y rencontre Alex, un petit producteur de coca. Il faut savoir que la Bolivie est le premier pays producteur de coca. La coca fait partie de la culture bolivienne et que ce soit pour l’altitude ou pour le travail, ici on en mastique à longueur de journée. C’est un coupe faim, excellent pour l’altitude, un anti-fatigue etc… mais elle crée une dépendance car la mastication à longueur de journée produit la pâte de la cocaine.

Vue d’ensemble des parcelles de la coca.
Une descente vers la rivière; vue la chaleur je m’y serai bien baigné mais il y a une grosse ascension qui m’attend et….

avec des températures caniculaires, cela m’affecte beaucoup. Ah!!!! je soupire s’il pouvait pleuvoir!!!

Mon souhait sera excaucé !!! premier effet le rafraichissement, oh !!! que c’est agréable !!!! le deuxième effet l’est beaucoup moins car la pluie rend la pente boueuse et impossible à gravir, même les voitures patinent. Je vais donc devoir pousser le vélo quasiment jusqu’au sommet.
Chulumani, une ville pas très belle. Au bout d’une piste il y a le Country House Hostal, un petit paradis dans la forêt.
où je suis accueilli par Javier (au centre) et où je rencontre Frank et Francis deux voyageurs belges avec qui j’aurai plaisir à partager une partie de mon voyage.
Je quitte ce petit paradis pour une piste qui s’enfonce de plus en plus au coeur des Yungas dont malheureusement « l’homme » ou je devrais dire le sous-homme prend cette magnifique jungle pour une poubelle géante. Une rivière de déchets!!! LAMENTABLE!!!!!
Nous sommes le 1er novembre et ici on célèbre « TODOS SANTOS » et on rend hommage aux morts comme dans beaucoup de pays.Ici on fait des offrandes de fruits et de pains pour les morts et les proches. D’ailleurs, ce jour là, je recevrai quelques offrandes.
Ce qui est sûr c’est que je n’ai pas choisi la route la plus simple pour me rendre à Santa Cruz mais la plus belle et la plus sauvage. Son profil, la piste et le climat contraignent quasiment tous les cyclos-voyageurs à réviser leur plan de route. Au final il y a plus de 18 000 mètres de dénivelés en 550 kilomètres. Pour vous donner une idée d’une journée  moyenne ce sont 60 km en 7h avec plus de 2000 m d’ascensions et autant de descentes. L’extrême : 39 km avec 3 cols et 2 200 m de grimpettes!!! de quoi user l’homme …
Et en fin de journée je suis heureux lorsque je plante ma tente et
pouvoir savourer mon chocolat chaud.
Généralement je débute dans la fraicheur de la brume.

Petite pause déjeuner en cours de route mais le menu est très basique : pain et sardines et cela tous les jours c’est pas le top!!!!

Barrière de péage!!! non, je traverse des régions et des hameaux tellement reculés
 que la piste dessert directement les pâtures.
A Ocobaya, petit village perdu au milieu des Yungas, je franchis le cap symbolique des 50 000 kilomètres depuis mon départ du Canada.

Embouteillage sur la piste!!!!
La viande séche au soleil comme le linge!!!

Vue de la rivière de Sacambaya. de là-haut elle paraît toute petite …

mais vue d’en bas c’est autre chose. Le lit fait 300 mètres. Normalement il n’y avait qu’une rivière d’une vingtaine de mètres et une autre de cinq mètres mais au final ce sont 4 rivières comme celle là à traverser avec de l’eau jusqu’à mi-cuisse. Sachant que je ne peux porter que deux sacoches à la fois, je vais devoir effectuer 4 aller-retour par rivière soit au final 32 traversées!!!!

Pris par la nuit, je la passerai sur la plage et au petit matin

je trouverai la porte de sortie pour commencer une ascension de plus 4h!!!!

ouf!!! une fois là-haut je suis content de regarder cette rivière dans laquelle je pataugeais il y a 4h.

Je passe le village isolé de Pucara.

Après mon passage en altitude, je retrouve la jungle et …. la boue!!!!

Village d’Indépendencia.

Je poursuis sur ma piste en montagne russe.

dont les fortes variations de dénivelés modifient les paysages.

Enfin j’atteins le sommet du dernier col qui domine la vallée de Cochabamba
une très longue descente s’annonce et elle aura raison de mes freins.

 En cours de descente, je serai amené à remplacer mes plaquettes.

Cochabamba….

une ville de plus de 400 000 habitants. Le contraste est extrême; la veille les plus gros villages avaient tout au plus 2000 habitants!!!!

Me voila donc arrivé quasiment à mi-parcours de la route me menant à Santa Cruz. La route depuis La Paz a été tellement éprouvante que je me prends une journée de repos à Cochabamba avant de poursuivre ma route.

A suivre….



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