Chevauchée uruguayenne ( 56 268 kms)
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L’Uruguay, petit pays de l’Amérique Latine bloqué entre les deux géants brésiliens et argentins, le dernier pays qui m’était encore inconnu sur tout le continent.

Une rareté, les deux postes de douanes sont regroupés, les brésiliens et les uruguayens travaillent conjointement et cela facilite grandement mes démarches. PAF PAF !!!! deux tampons de plus sur le passeport….

et me voilà en Uruguay.

Il est temps de découvrir ce nouveau pays, que l’on me dit plat.Hum !!! pas si plat que çà!!!

Je me lance à travers les immenses prairies des estancias aux milliers d’hectares.

Du bétail à perte de vue, l’Uruguay est un pays « carnivore  »  c’est le premier pays pour la consommation de viande bovine dans le monde!!! Les légumes et fruits, ici on connaît peu .

38 °!!!! le soleil me brûle les épaules, le macadam fond et j ‘ai vraiment la sensation de m’y enfoncer !!!!
Mais rapidement je vais retrouver les pistes au milieu de nulle part.

Embouteillage sur la piste, il n’y a qu’un millier de moutons à doubler!!!.

C’est à toute vapeur que je me dirige vers le Sud de l’Uruguay, un seul objectif : retrouver une personne qui m’est très chère.

 Pris par le temps je vais devoir effectuer plus de 800 kilomètres en moins d’une semaine dont la moitié sur les pistes et un vent contraire mais La valeur d’un Ami se prouve par la grandeur des efforts que l’on fait pour lui .

Il faut bien lire les panneaux si on le peut car j’ai vite fait d’effectuer un détour de plus d’une dizaine de kilomètres….

car la piste Jones est très peu empruntée.

Je m’enfonce toujours un peu plus vers le coeur de l’Uruguay.

Dans cette estancia on est gaucho de père en fils. Très jeune on chevauche les immenses prairies à la recherche du bétail.
Ma chevauchée dans le Nord de l’Uruguay m’amènera à traverser des zones vides de population.
Un village de temps en temps tous les 50 à 60 kilomètres et parfois la chance d’y trouver une épicerie

Eh oui!!! la cabine de téléphone existe encore par ici et elle fonctionne.

Je sors de plus d’une centaine de kilomètres de pistes poussiéreuses et je rencontre Pedro (à droite ) qui m’invite chez lui pour partager un repas. J’y rencontre toute la famille dont Olga sa femme qui me connait pour m’avoir vu sur un canal de la télé paraguayenne!!! moi qui pensait voyager incognito c’est loupé. L’accueil uruguayen n’a rien à envier au voisin paraguayen.

Le monde est parfois comme mon vélo il ne tourne pas rond et dans le bon sens!!! la preuve ….
Mais qu’est ce donc?? vous devinez!!!! un indice : çà part en fumée ….. une boîte d’allumettes ??

Non perdu !!!! ce sont des centaines et des centaines de milliers de troncs d’eucalyptus qui sont abattus en Uruguay!!!

La forêt part en fumée et diminue chaque jour un peu plus, le pire est que tout le bois part vers l’un des pays les plus boisés d’Europe : la Finlande!!!! Bon je n’ai rien contre les finlandais mais pourquoi exploiter ce pays jusqu’au sang??? quand je vous dis que ce monde tourne souvent à l’envers.
Oh quelle merveille cette route!!! des accotements parfaitement asphaltés pour les cyclistes, c’est rare!!!

Un autre type de voyageur. Ici lorsque l’on a peu d’argent on utilise son vélo et sa tente pour se rendre d’estancia en estancia pour y trouver un petit boulot, parfois pour quelques jours parfois plus. Une vie de « survie »

Entre Dolores et Carmelo me voilà pris dans une course cycliste. Ne me cherchez pas derrière je suis devant !!! allez les gars on appuie!!!
Une pause dans un abri de bus où je finirai pas m’endormir, il est 13H je viens de couvrir 60 kilomètres en 3H30 avec un vent de face terrible, il m’en reste tout autant pour l’après midi et je suis mort !!!! mais cela n’altère pas ma motivation d’acier que j’ai de rejoindre le petit village côtier de Riachuelo. 

et au bout d’une carrière…..
ce sont enfin les grandes retrouvailles avec mon frère Jeronimo. Cela faisait 6 ans que l’on ne s’était pas vu !!! la distance et le temps ne suffisent pas pour effacer les liens très forts qui nous unissent.

C’est autour d’une bonne table et surtout entouré de mes AMIS que nous fêtons nos retrouvailles.
HUM!!!!!! ça a l’air super appétissant, au menu poulet et légumes …
cuits à la parilla ( feu de bois)!!! je peux vous dire que c ‘est extra!!!

Au bout d’un chemin la plage de Matamora…
cela fait plus de 9000 kms et Lima que je n’ai pas vu la plage.

Après une semaine relaxe à Matamora, il est temps de reprendre la route et de recharger les sacoches.

Avant de partir un petit crochet par la maison de Markus et Heinz pour les remercier de leur accueil. Mais je crois que ce n’est qu’un simple au revoir puisque j’ai l’intention d’y revenir l’année prochaine.

Voici la route qui mène à «  »l’aéroport INTERNATIONAL » » » de Colonia del Sacramento où il ne doit pas y avoir beaucoup de vols!!!

Artigas, le héros national, trône partout dans le pays. C’est le défenseur du pays contre l’envahisseur brésilien.
Visite de Colonia del Sacramento une ville fondée….

  par les portugais au XVII.Elle est classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

A Colonia del Sacramento j’ai la sensation de revenir 70 ans dans le passé.
Le 5 février un jour particulier !!! c’est mon anniversaire et quoi de mieux que de le célébrer sur la route, le HIC je n’ai pas de bougies pour mon gâteau.

J’aurais pu prendre la route côtière et asphaltée mais ce sont les vacances et les plages bondées ce n’est pas mon truc.
Donc ça sera les routes et les pistes isolées de l’intérieur
Bon où je vais ?? toutes les flêches partent à gauche mais tout droit ça va où???

Ma cuisine en plein air.

Il fait tellement chaud en fin de journée que je n’utilise que le moustiquaire mais parfois quand il pleut je me lève car je prends une douche en plein milieu de la nuit!!!

Les drapeaux au vent, la poignée de gaz à fond, direction la frontière brésilienne.
Une rencontre un peu particulière sur le bord de la route. Une famille uruguayenne et le cavalier nommé El Solitario qui réalise le tour de son pays à cheval. Déja plus de 2000 kilomètres!!! la seule différence avec moi c’est que je n’ai pas d’avoine à donner!!!
Jadis l’Uruguay avait le rail, le train et des gares. Aujourd’hui tout est à l’abandon.

Un horizon lointain et des routes sans fin .

C’est l’heure de la douche!!! avec un litre d’eau, parfois moins, je me lave!!! BON je ne vous montrerai pas comment je fais!!!

Voilà ce que redoutent comme pistes les cyclos-voyageurs : la piste en tôle ondulée qui vous secoue de partout.

Il me reste encore deux jours en Uruguay, voila ma fortune 84 pesos soit quasi 3 dollar, je vais devoir jouer serrer pour le budget!!!

Il pleut des cordes mais j’ai de la chance Santana, un villageois m’a ouvert les portes d’un appentis où je passerai la nuit au sec.

Quelques provisions à l’épicerie du coin.

Le vent me pousse vers la frontière!!!

Encore quelques kilomètres dans la pampa uruguayenne pour atteindre la frontière d’Acegua.

Pour la troisième fois, je rentre au Brésil. J’entame ma dernière ligne droite.


Ma chevauchée uruguayenne fut très intense, tant par les efforts physiques que les rencontres. Ce qui est certain pour moi, après mon passage à Matamora, est que ce fut assez dur de se remettre en selle et de quitter mon frère. Ce n’est qu’un simple au revoir, l’année prochaine nous ferons quelque chose de grand!!!
A présent le Brésil m’attend, ce géant du Sud de 15 fois la France et il ne me reste qu’un peu plus de deux mois de voyage; il y aura forcément des choix à faire car rejoindre Fortaleza ce n’est pas la porte à côté.!!!!

A suivre …..



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