Cap au Sud : le Sahara m’attend.
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Tout doucement les montagnes du Haut Atlas s’estompent derrière moi. A présent,  j’ai en point de mire le Sud du Maroc et un désert mais pas n’importe le lequel : le Sahara… un immense désert qui s’étend sur une dizaine de pays.
N’allez pas croire que ce n’est que du sable qui m’attend et des paysages de désolation, non car le Sahara est riche en histoire et en diversité de paysages.
Mon rêve de gosse m’attend… celui de le traverser,  alors….. ZID ZID ( allez allez en arabe).

Je quitte le Haut Atlas en descendant dans les Gorges de Dadés.

Pour quelqu’un qui aime les roses,  je ne pouvais pas passer à côté de celle là !

…où quelques anciens ksars ( villages fortifiés) …

…dominent l’oasis qui s’étend le long de la rivière …

…où une multitude de petites parcelles servent à cultiver les légumes ou le blé .

En passant à Boulemane Dadés mon estomac ne peut pas résister à l’odeur alléchante d’un tajine de légumes…

…car mieux vaut prendre des forces avant de m’attaquer à la traversée du Djbel Sahro.

…de ses 2400 mètres,  je domine un univers de pierres.

J’aime quand la nature se résume à de simples éléments.

Lors d’un bivouac dans la montagne j’ai eu l’occasion de partager mon campement avec Mickaël et Alexandra, un couple allemand qui effectue un tour du monde en 4/4. Eux aussi sont en train d’accomplir leur rêve.

En quittant le Sahro,  j’ai deux options :  la nationale ou la piste qui emprunte la vallée du Draa ; vous me connaissez !  donc je choisis naturellement la piste qui me fera traverser des anciens villages de terre.

Aux enfants,  je ne donne ni stylo,  ni argent, ni bonbon,  c’est la règle mais au moment de mon break, je n’hésite pas à partager mon pain avec  de la pâte  à tartiner,  un grand succès  !!

Dans l’oasis,  la vie s’écoule tranquillement pour les habitants.

 

Voici mon menu quotidien pain, sardines et vache qui rit.

J’arrive à Mahmid,  dernier point de civilisation,  ici se termine la route.

Derrière l’oasis,  c’est le désert où il y a quelques nomades qui y vivent.

J’arrive au « Carrefour des Nomades  » où  je suis reçu gracieusement par Luc, un belge venu vivre dans le désert.

Cette pause me fera du bien car mon organisme a terriblement souffert durant la traversée de l’Atlas et par sa rigueur hivernale. J’ai perdu beaucoup trop de poids !!!

Du poids,  grâce aux délicieux plats d’Hassan et Kadir,  je vais en reprendre un peu !!! mais pas assez à mon goût !!!!

Pourtant,  ce n’est pas de faute de manger d’excellents tajines !

Une semaine de pause, j’en ai besoin et je vais en  profiter pour me reposer un peu, laisser le vélo de côté pour réaliser d’autres activités.

Je visite le vieux village  Ouled Driss  qui date du XIII éme siècle.

 

200 familles vivent au coeur du village,

Un véritable labyrinthe…

…dont la plupart des ruelles sont « enterrées « .

Grâce à Flo et Bruno, au cours d’une petite virée en RZR,  je vais pouvoir découvrir les dunes proches de Mahmid.

    

L’avancée du désert est inéluctable, il avale tout sur son passage…

…oui tout…  gare à celui qui veut jouer avec lui !!!

 

Durant la semaine,  il y a eu un rallye qui m’a contraint de rester à  résidence …

…et si je veux partir,  il me faut étudier minutieusement les points GPS du rallye car je n’ai pas envie de me retrouver face à face avec un bolide qui roule à 160 kmh !!

Grand merci Luc pour ton accueil très chaleureux au coeur de cette oasis paradisiaque qui m’aura permis de me recharger les batteries.
Je pars avec d’excellents souvenirs du  « Carrefour des Nomades »   bonne continuation… Inch Allah !
Le  « carrefour des nomades » porte bien son nom car ce sera ma première rencontre avec un cyclo-voyageur… Matthieu.

Cette fois l’objectif est de taille pour rejoindre Foum Zguid… trois jours en autonomie totale sur une piste qui s’annonce hyper dure,  au milieu d’un des déserts les plus hostiles sur terre.  Ce n’est pas un défi pour moi mais le désir profond de découvrir le vrai désert.

Je prends le maximum de vivres et d’eau  car  je n’ai pas envie de terminer comme çà !!!

Je reprends la piste à la borne kilométrique 18 ; une bonne piste caillouteuse mais j’ai comme l’impression que cela ne va pas durer…

La piste me mène vers l’Erg Louadi  mais plus je m’en rapproche plus le sable est profond.

 

Il me faut contourner les dunes en poussant le vélo mais,  presque 75 kgs dans un sable qui vient d’ être labouré par les quads,  c’est atroce ! Je progresse par tranches de 20 mètres !!!! Oui oui  20 mètres  !  et il y a 2 kilomètres comme cela !!
La souffrance est totale, j’ai l’impression que,  sous la pression que je dois mettre sur le guidon et la selle,  mes poignées vont casser !!!…

…heureusement je vais rencontrer Aziz,  un berbère qui me dit qu’il y a une meilleure piste à 500 mètres mais il faut passer deux dunes !!! il m’aidera à franchir la difficulté en poussant le vélo !!  et tout de suite ça va beaucoup mieux !

…mais la récompense est là, la nature me gratifie d’une vue grandiose !!!

…et le soleil couchant sur les dunes c’est la cerise sur le gâteau !

Lorsque le vent se lève, le sable  gifle le visage et ma vitesse se réduit à 10 Kmh !

Pas étonnant que le vent court sur ces immensités où les obstacles sont absents.

Je suis vulnérable durant le jour et subis la pression du vent durant la nuit. Je dois solidement arrimer la tente car le vent plie les arceaux. Je crains qu’ils ne finissent par céder !!!

Heureusement, le lendemain tout rentrera dans l’ordre et j’atteins   » l’oasis sacrée « . Parfois je me demande ce que je viens faire ici à vélo ! surtout lorsque je vois que des 4×4  y ont capitulé !

Un peu de verdure au coeur de la rudesse de la nature.

Suite au désert de sable, les déserts de pierres noires,  noires comme cuites par le soleil.

Des vastes étendues que parcourent des caravanes de dromadaires.

Deux tombes musulmanes !!! La pierre la plus grande indique la tête et naturellement la plus petite les pieds. Leur orientation indique le Sud et les corps y sont déposés sur le côté,  la tête dirigée vers l’Est et la Mecque.

Quand je vous dis que le Sahara ce n’est pas que du sable ! des pierres aussi ….

…des pierres qui vous font trébucher !

Je finis par atteindre le lac Iriki. C’est un lac asséché depuis que l’on a créé des retenues d’eau pour l’irrigation !

…une quarantaine de kilomètres où il faut fixer un point pour éviter de se perdre !!!

Cette nuit,  le bivouac se passera au milieu du lac Iriki ;  cela me rappelle le Salar Uyuni à la différence qu’il n’y a pas de sel pour recouvrir la terre.

 

Je tire ma révérence au désert temporairement.

 

A la douche !!! euh,  j’ai le droit à 1 litre d’eau pour me laver !!!

Je pars sur les pistes de l’Anti Atlas et ses montagnes…

  

…là je peux rouler à un rythme élevé… plaisir total ! j’ai l’impression de surfer sur la piste.

Je profite des petites épiceries dans les villages pour acheter quelques provisions pour la route et réaliser le plein d’eau car …

… malgré des puits dans les oasis ce n’est pas toujours possible …

d’avoir de l’eau !!!

Ce 5 février, c’est mon anniversaire ! me voici au resto !… au milieu de la nature. Au menu :  omelette, riz et ratatouille …

…et pour le dessert,  un bon morceau de fromage de Laruns  que m’a offert Bruno !!! le grand luxe !!!

Le tout autour d’un bon feu de camp.

Mon anniversaire,  je vais le célébrer avec Heike,   une cyclo-voyageuse allemande. (pushbikegirl.com)

Ma route vers l’Ouest est stoppée régulièrement par des crevaisons à répétitions dues aux épines d’aubépine que le vent ramène sur l’asphalte.

Par chance,  je rencontre Aziz qui met son atelier à ma disposition.  Pour gonfler la roue avec un compresseur il me faut 10 secondes,  à la main c’est au minimum 5 minutes !!!

La piste s’élève à travers l’Anti Atlas …

et tout doucement je rejoins le plateau. C’est le dernier col au Maroc. Depuis mon départ de la maison ce sont plus de 96 000 m de dénivelé positif !!!

Là-haut,  quelques anciennes bâtisses où vivaient les bergers.

Au sommet du col à 1700 m surprise en découvrant la flore …

…et notamment la lavande.

 

Il n’y a pas à dire,  je suis bien aidé pour m’orienter !  Tafraoute,  c’est où ???

 

Mon réchaud à essence vient de rendre l’âme !  aussi  je me tourne vers la cuisine au bois ….

…mais qui va récurer la popote ?… il va me falloir améliorer mon système !

Ma première rencontre avec le Sahara aura comblé toutes mes attentes. Malgré toutes les difficultés rencontrées sur ces pistes ultra exigeantes, je n’ai qu’une envie… y retourner au plus vite !
Au cours de cette traversée d’Est en Ouest j’ai eu un florilège des différents paysages qu’offre le désert. Un milieu hostile qui impose humilité, le respect et vous amène à la méditation.
A présent, je maintiens le cap à l’Ouest,  vers la côte Atlantique.

A suivre ….



Un commentaire

  • Médiathèque de Forest/Marque says:

    Bonjour,
    Dans le cadre de la programmation Lille 3000 « Eldorado », je recherche une personne susceptible de parler de la vie au Mexique. Seriez-vous disponible entre mi avril et fin mai ?
    Si oui, seriez-vous d’accord pour faire une présentation à la Médiathèque de Forest-sur-Marque ?
    Merci de me faire part de vos possibilités !
    Isabelle Héraud,
    Responsable de la Médiathèque
    03 20 05 31 62
    mediafsm@orange.fr

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