Bolivie : La traversée du Lipez ( 65 234 Kms )
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Le jour J est arrivé : c’est le début de la traversée du Lipez. Sans hésitation la partie la plus dure de mon voyage d’après tous les récits que j’ai pu lire.
Le Lipez, cette zone désertique bloquée entre le Chili et l’Argentine, est l’une des zones les plus isolées au monde !!! C’est une longue traversée d’une dizaine de jours que je m’apprête à vivre au coeur d’une région aux paysages extraordinaires.

Avant d’entreprendre la traversée du Lipez je me pose à Llica pour effectuer l’achat des provisions nécessaires pour une douzaine de jours mais ça fait beaucoup de poids !!!!
Je quitte la petite ville de Llica limitrophe du Salar d’Uyuni …

pour la seconde fois du voyage je vais traverser cette étendue blanche.
Du sel qui ressemble à de la neige !!!

Mon regard est tourné vers le Sud; c’est plus au moins une bonne centaine de kilomètres à parcourir à la recherche d’un horizon !!!

La particularité du Salar c’est qu’il y a de nombreuses îles, le tout étant de connaitre leur positionnement.

C’est donc d’île en île que je me dirige…

pour y découvrir ces paysages désertiques où ne poussent que les cactus.

« Fenêtre sur cour « , une vue privilégiée depuis le fond d’une grotte.

Fin de journée, je pose mes sacoches pour établir mon campement au milieu du néant.
Ici c’est sur que je ne serai pas gêné par les voisins !!!

A la sortie du Salar, un petit village du nom de Villa Candaleria dont la particularité est son hôtel de sel, ici tous les murs, le sol, le mobilier sont en sel ….
même les lits !!!! et pour 7 euro c’est une belle expérience !!!!

Je quitte Willy et son bel hôtel pour me rendre à San Juan de Rosario …

où dans une petite épicerie je fais le complément de nourriture.
Vous allez me dire que je ne pense qu’à la nourriture !!! pourtant c’est l’élément clé pour traverser le Lipez en autonomie. Certes je pourrais faire comme beaucoup me faire envoyer un colis de provisions tous les 2 jours dans un refuge et éviter d’avoir un surplus de poids d’une douzaine de kilos !!!! mais je préfère vivre cette aventure en mode SOLO.

Je m’attends à des passages très durs avec le sable où il faudra pousser le vélo parfois sur des kilomètres!!!

Direction Chiguana.

J’y rencontre Carol, une brésilienne qui voyage à vélo qui a du écourter sa traversée car c’était beaucoup trop dur.

 

Probablement l’une des meilleures pistes du parcours !!

Outre l’autonomie en nourriture, la difficulté des pistes, le froid et le vent sont des facteurs à prendre en considération…
surtout pour camper !!!
Vue du Salar le matin.

Le Lipez n’est pas si isolé que cela car des agences touristiques le parcourent. De temps en temps il y en a un qui s’arrête pour me donner de l’argent, du chocolat, de l’eau …. et çà fait mon bonheur.

La frontière chilienne est proche du sommet du volcan Ollague mais il me faudra encore au moins une semaine pour la traverser.

Des paysages si vaste que l’appareil photo est trop petit !!!
Des pierres ….
du sable ….

Le plus grand risque sur ce genre de pistes c’est la chute. Maintes fois le sable me désarçonnera de mon vélo mais cette fois là je vais tomber lourdement sur des pierres !!!! ouaaaaah ça fait mal !!!

Eh oui !!! le compteur gonfle 65 000 KMS depuis le Canada !!!

Voila ce que je déteste : la multitude de pistes que des abrutis de chauffeurs de Tour Opérateur ouvrent au milieu de cette nature si fragile. Imaginez vous le nombre d’années qu’il faut à une plante pour pousser !!!

De temps en temps surtout dans l ‘après midi des minis tornades se lèvent.

La Laguna Canapa.

Une lagune qui abrite une colonie de flamands roses.

6 kilomètres de sable en forme de tôles ondulées c’est l’enfer pour pédaler. Il me faudra beaucoup de temps mais surtout beaucoup d’énergie.

Heureusement il y a des parties super roulantes …
qui me conduisent vers d’autres lagunes dont les couleurs sont toujours très surprenantes.

malheureusement cela ne dure jamais longtemps car les difficultés reviennent et il faut pousser le vélo.

Je ne suis jamais plus deux jours sans trouver de l’eau mais il faut effectuer parfois des détours de plusieurs kilomètres ….

J’arrive à l’hotel del Desierto, où je ne suis pas un inconnu puisque les cuisinières m’ont vu à  la télé pour promouvoir la campagne  » POR SER NINA « .
Ce soir je dormirai dans ces ruines un lieu idéal pour être à l’abri du vent .

Un aspect très frappant de cette région : Le manque de végétation.
Lorsque je rencontre un arbre, il est de pierre !!!! l’Arbol de Piedra.
Les paysages du Lipez se méritent.

après quelques efforts j’arrive au joyau du parc :

La Laguna Colorada
l’une des merveilles de la nature …

avec ses couleurs étonnantes !!!

C’est extraordinaire !!! hélas il y a de cela quelques années ce l’était encore plus car il y avait des milliers de flamands roses; le changement climatique et la raréfaction des précipitations ont fortement contribué à la diminution de ces grands échassiers.

Tous les jours il faudra utiliser la pompe pour purifier l’eau qui vient des lagunes dont le goût sera parfois légèrement salé.

Le meilleur endroit pour camper durant toute la traversée du Lipez, au coeur de ce canyon …

dans mon hôtel Robens j’y serai parfaitement abrité.

Au réveil pas le temps de s’échauffer je commence directement par 18 kilomètres d’ascension…

Le point culminant de la route du Lipez. Je passerai quasiment deux semaines à une altitude moyenne de 4300 mètres. Vive le plein de globules rouges !!!!
Direction las Aguas Termales où je vais retrouver …..
mes amis motards français Cyril, Marie et Thomas.
après le p’tit déj chacun reprend sa route. Avec différents aléas!!!!
La fin de la traversée sera rythmée par une succession de crevaisons dues à un problème de valve !!!!

Heureusement j’ai mon kit de survie.
Campement de rêve face à la Laguna Verde
Je m’attendais à rencontrer plus de cyclo-voyageurs lors de ma traversée du Lipez. Apparemment la difficulté de la piste en aura découragé plus d’un. Cependant la veille de sortir du parc je rencontre des belges Victor et Floraine. En plein milieu du désert nous jouons aux banquiers, nous échangeons nos devises boliviennes, argentines et chiliennes à des taux plus qu’avantageux.
au pied du Licancabur qui marque la fin de mon aventure dans le Lipez.
Je dépense mes derniers bolivianos dans un petit restaurant pour récupérer de toutes les calories brûlées !!!!

J’aurai passé plus de 2 mois et demi à parcourir ce magnifique pays qu’est la Bolivie. Les souvenirs ce sont accumulés au fil des kilomètres, que ce soit des rencontres ou des paysages sans horizon mais ce qui aura marqué le plus cette traversée c’est mon engagement avec PLAN INTERNATIONAL avec le soutien aux équipes et les visites des écoles et des communautés. Le sourire des enfants c’est la plus belle récompense que j’ai pu recevoir au cours de cette traversée. A présent l’aventure se poursuit de l’autre coté de la frontière. Un pays que je connais pour y avoir voyagé il y a une dizaine d’années. A suivre ….



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